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Le « Talents du mois »
L’économie sociale, un secteur créateur d’emplois
:
l’exemple de Via, lauréate du Concours Talents en 2004
L’Association Concours Talents
(ACT) vous donne rendez-vous chaque mois avec un entrepreneur lauréat.
Parmi les entreprises récompensées, près de
15% ont un statut relevant de l’économie sociale :
associations, coopératives, mutuelles, etc. Ce secteur, qui
représente en France 10 % du PIB et des emplois, affiche
une ambition : « entreprendre autrement » et placer
les hommes au coeur de l’initiative économique. Avec
le soutien de la MACIF, l’ACT crée un prix spécial
« Talents de l’économie sociale ». Pénélope
Houwenaghel le remporte en 2004, avec son entreprise d’interprétation
en langue des signes.
La langue des signes : un projet
à vocation « sociale »
Depuis longtemps, Pénélope Houwenaghel
souhaite apprendre la Langue des Signes Française (LSF).
Après ses études d’histoire de l’art,
elle débute dans une association donnant des cours de langue
des signes. Elle découvre le métier d’interprète,
décide de se former et obtient sa maitrise d’interprétation
en 2002. « Je me suis dit qu’il fallait que je crée
moi-même quelque chose ». Elle contacte la seule interprète
en LSF de la région qui l’oriente vers la Boutique
de Gestion Espace (BGE), un organisme spécialisé dans
l’accompagnement à la création d’entreprise.
L’accompagnement de la Boutique
de Gestion Espace
Depuis 1980, la Boutique de Gestion Espace accueille
les porteurs de projets dans les départements du Nord et
du Pas de Calais. Organisme incontournable de la création
d’entreprise, son activité s’est fortement développée
depuis quelques années, comme l’explique son directeur
adjoint, Grégory Sagez : « Nous avons bénéficié
du plan régional de création et transmission d’entreprises
visant à développer l’entrepreneuriat dans la
région. La Boutique de Gestion emploie aujourd’hui
135 salariés. En 2007, elle a reçu près de
10 000 personnes et participé à la création
de 1 558 entreprises ».
En 2003, Pénélope bénéficie des services
de la Boutique de Gestion pour monter son projet : diagnostic, étude
de
faisabilité, business plan, etc. Cela aboutit à la
création de son entreprise individuelle qu’elle peut
« tester » dans le cadre de la couveuse d’activités.
Un projet « couvé
»
La « couveuse d’activités » est
un mécanisme originaire d’Irlande, importé en
France par les Boutiques de Gestion.
Pour Grégory Sagez, « la couveuse, intégrée
au sein de la BG, permet à un entrepreneur de tester son
projet grandeur nature, de voir ses clients, proposer et réaliser
ses prestations…». Dans le même temps, l’apprentissage
du métier de chef d’entreprise se poursuit. «
Des conseillers sont là pour travailler avec les créateurs
sur la méthode, le marketing, les difficultés rencontrées,
etc.». Le projet de Pénélope Houwenaghel est
couvé pendant 9 mois, en 2003 : « C’est un confort
pour les entrepreneurs ! Être en couveuse, c’est comme
un filet de sécurité. J’ai pris le temps de
me faire connaître auprès de mon réseau et de
me constituer un carnet de clients ».
La
Boutique de Gestion prend le relais
L’entreprise est créée
en janvier 2004. La Boutique de Gestion propose à Pénélope
de s’inscrire à Talents, dans la
catégorie « Talents de l’économie sociale
». Elle remporte le concours régional, puis le prix
national avec la mention « Coup de coeur ». Le prix
est doté par la MACIF, un acteur majeur de l’économie
sociale. Dominique Crépel, Président de la MACIF dans
le Nord Pas de Calais, revient sur son engagement, depuis 2001,
auprès de l’ACT : « Nous avons demandé
à ce qu’il y ait un prix de « l’économie
sociale » puisque l’on souhaite favoriser la création
de structures dans ce domaine. On se rend souvent compte que des
gens ont un projet à vocation sociale, mais ne choisissent
pas toujours un statut correspondant, par méconnaissance».
Au moment où elle remporte son prix, Pénélope
est justement en train de transformer son entreprise individuelle
en Société Coopérative Ouvrière de Production
(SCOP).
Accompagnement
et suivi post-création : les garanties d’une entreprise
pérenne
Pour Pénélope, sa participation
au Concours Talents reste une réelle source de satisfaction
: « C’est enrichissant de présenter ce qu’on
fait devant des experts. Et d’avoir remporté un prix,
c’est une reconnaissance de tout le travail fourni ».
Grâce à la médiatisation qui s’en est
suivie, un interprète en langue des signes prend contact
avec
elle. Une troisième personne qu’elle connaît
s’associe au projet : ensemble, ils unissent leurs compétences
et modifient la structure existante en SCOP. « Nous avons
choisi ce statut car il nous correspond. Nous exerçons dans
un domaine qui relève du social le plus souvent. Et il nous
semblait important que chacun d’entre nous prenne part aux
décisions de l’entreprise ». C’est le principe
de la SCOP, que l’on retrouve, sous une forme ou sous une
autre, dans le domaine de l’économie sociale : une
gestion démocratique de l’entreprise (1 homme = 1 voix)
et des salariés au coeur de la décision : le statut
SCOP prévoit par exemple qu’ils possèdent le
capital de l’entreprise à hauteur de 51 % minimum.
La SCOP Via voit le jour en octobre 2004.
Le soutien de la Fondation
MACIF
La Fondation MACIF a été
créée, en 1993, pour soutenir les initiatives de solidarité.
Dominique Crépel en est l’administrateur et le trésorier.
« Nous soutenons souvent des projets en démarrage,
à vocation d’insertion, de services à la personne
ou dans le cadre du développement durable ». Parmi
les initiatives privilégiées par la Fondation, figurent
justement celles réalisées en faveur des personnes
handicapées. Le projet de Via a été très
bien accueilli. « Nous y avons été particulièrement
sensibles, notamment puisque la MACIF développe en interne,
depuis plusieurs années, des actions en faveur des sourds
et des malentendants. Nous avons formé des salariés
au langage des signes ».
Via obtient un soutien financier de la Fondation. Les actions menées
au sein de l’« entreprise » MACIF lui révèlent
simultanément l’étendue des besoins. Il n’y
a que 200 interprètes en LSF sur tout le territoire français,
pour 3 à 5 millions de personnes sourdes et malentendantes.
Le service de traduction en LSF peut s’appliquer à
des univers très différents : le monde de l’éducation
(universités et centres de formation), celui de l’entreprise,
et dans les administrations. Dès 2006, face au développement
de son activité, Via embauche un nouvel interprète.
Et deux nouveaux postes devraient être créés
en septembre 2008.
Partenaire du Concours
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